SIRRHA
La Nouvelle Republique - le 15-05-2006 Version imprimable Suggérer par mail

 

 

  Il s’agit, pour notre interlocuteur, interrogé en marge de la conférence de présentation du 2e Salon international du recrutement en Algérie (SIRA), d’élaborer des textes à même de permettre un contrôle rigoureux des futures agences d’embauche. Ce qui explique en partie les retards dans l’entrée en exécution de la loi. Initialement, le directeur général de l’emploi avait annoncé le mois de janvier dernier l’entame de la réception des demandes d’agrément des entreprises désireuses de se lancer dans l’activité de placement. Il est attendu que les textes d’application soient accompagnés d’un cahier des charges sur la base duquel seront autorisées les futures agences de placement. Ce document, ajoute M. Annane, est en phase de finalisation au niveau du département de la solidarité. Publié dans le Journal Officiel du 26 décembre 2004, cette loi a été adoptée pour mettre un terme aux dysfonctionnements de recrutement ayant conduit aux émeutes à Ouargla concernant les procédures d’embauches dans les champs pétroliers. Cette loi ne s’applique, cependant, pas aux recrutements du secteur des institutions et d’administrations publiques qui demeure régi par les dispositions qui lui sont propres ainsi qu’aux dirigeants d’entreprise.
  Ce texte réglementaire met ainsi fin au monopole de l’Agence nationale de l’emploi (Anem). Toute personne physique ou morale peut désormais exercer le placement pour peu qu’elle ait satisfait aux exigences prévues par ladite loi. Dans l’article 9 de cette loi, il est stipulé que «peuvent concourir, au service public de placement, les organismes privés agréés par le ministre chargé de l’Emploi, après avis d’une commission interministérielle. Les conditions et les modalités d’octroi et de retrait de l’agrément ainsi que les attributions, l’organisation et le fonctionnement de la commission sont fixées par voie réglementaire».
  Pour l’instant, aucun bureau de consulting, cabinet de ressources humaines ou agence spécialisée n’y est autorisé. Par placement, il est entendu une activité visant à mettre en relation les demandeurs d’emploi et les employeurs afin qu’ils puissent conclure des contrats de travail conformément à la législation et à la réglementation en vigueur. Selon l’article 6 de cette loi, le placement des demandeurs d’emploi est gratuit. «Aucun honoraire ni autre frais ne doit être mis à la charge du demandeur d’emploi», explicite ledit article. L’Anem, qui ne facturait pas ses prestations ni pour les demandeurs ni pour les recruteurs, devrait donc changer de statut très prochainement.
  Aussi, l’agence sera un établissement public à gestion spécifique pouvant négocier les salaires de ses cadres. Selon l’article 14 de la loi relative aux placements : «L’Agence nationale de l’emploi, les communes ne disposant pas d’agences et les organismes privés agréés sont tenus de satisfaire l’offre d’emploi déposée dans un délai maximum de 21 jours qui suivent son enregistrement. A défaut, l’employeur peut procéder au recrutement direct tout en informant immédiatement ladite agence.» Un peu plus loin, dans l’article 18, il est exigé que «tout employeur est tenu de notifier à l’agence habilitée, à la commune, ou à l’organisme privé agréé, tout emploi vacant dans son entreprise et qu’il souhaite pourvoir».

  Les contrevenants à cette disposition s’acquitteront d’une amende comprise entre 10 000 et 30 000 DA par poste d’emploi vacant non notifié. Et en cas de récidive, l’amende est portée au double. Cette notification permettra, selon le directeur général de l’Emploi, de suivre régulièrement l’évolution du nombre de demandeurs d’emploi. Il permettra, en effet, de coordonner un système d’information à l’instar de ce qui ce fait à travers le monde. «C’est ce qui permet, citera M. Annane, par exemple, de suivre les chiffres des demandeurs mensuellement.»

«70% des demandeurs n’ont jamais travaillé» D’après le représentant du ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale, «70% des demandeurs d’emploi en Algérie n’ont jamais travaillé». Des statistiques qui font dire au directeur général de l’emploi que le chômage en Algérie est d’abord celui d’insertion. «C’est partant de cette donne que le contrat pré-emploi (CPE) a été créé», a ajouté M. Annane.

Source: La Nouvelle Republique - le 15-05-2006

 

 
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